Chirurgie, prothèse et sport

La mise en place d’une prothèse articulaire a pris son envol à partir de 1950 en commençant par la hanche. L’objectif est de remplacer le cartilage articulaire usé par une surface fabriquée dans l’industrie. Ce sont des pièces en métal, en plastique très dur, ou en céramique. 

Dans cet article, vous trouverez toutes les réponses à vos questions sur la compatibilité du sport avec une prothèse. 

Femme effectuant une séance de sport dans son salon

Bénéfices et risques d’une prothèse

Pour rappel, une articulation a toujours deux composants. Dans l’exemple du genou, le fémur est en haut et le tibia est en bas et le but est donc de remplacer les deux surfaces articulaires.

Depuis 1950 la technologie a beaucoup évolué, les prothèses de hanche se sont améliorées et de nombreuses prothèses ont été conçues pour presque toutes les articulations :

Pour le membre supérieur, il est donc possible d’avoir :

  • une prothèse d’épaule
  • une prothèse de coude 
  • une prothèse de tête radiale
  • une prothèse pour certaines parties du poignet
  • une prothèse pour certaines articulations des doigts.

Pour le membre inférieur, il est possible d’avoir : 

  • une prothèse de hanche
  • une prothèse de genou
  • une prothèse de cheville

Pour le rachis, les prothèses discales remplacent les disques vertébraux. 

En principe la chirurgie des prothèses s’adresse aux patients ayant des articulations atteintes par l’arthrose, c’est-à-dire par l’usure du cartilage. Cette usure est le plus souvent due à l’âge, mais elle peut aussi être due à un accident avec une fracture qui atteint l’articulation et l’abîme. Certaines maladies atteignant les articulations sont aussi la cause d’une mise en place de prothèse telle que les maladies rhumatismales comme la polyarthrite.

Squelette humain avec une prothèse de hanche

Une chirurgie pour mettre en place une prothèse est toujours programmée, elle n’est jamais faite en urgence. Les bénéfices et les risques sont toujours expliqués au patient pour qu’il puisse prendre sa décision en connaissance de cause. Les informations telles que le temps d’intervention, la durée d’hospitalisation, la nécessité d’une rééducation après l’intervention doivent être exposées au patient ainsi que les risques inhérents à la chirurgie.

L’arthrose est une maladie fréquente, elle a trois conséquences :

  • La douleur qui est bien évaluée par le patient ;
  • La raideur : la personne ne peut plus faire ses lacets de chaussure, se coiffer ;
  • La diminution de la fonction de l’articulation : la personne prend sa voiture pour aller chercher le pain, a du mal à enfiler un pull.

La prothèse va supprimer ces trois inconvénients : la douleur disparaît, la mobilité revient et l’utilisation de l’articulation revient à la normale.

Les prothèses dans leur ensemble, sont assez efficaces mais ne rendent ni la hanche, ni l’épaule à leur état d’avant l’apparition de l’arthrose. Les muscles se sont atrophiés et il va falloir travailler pour se remuscler, ce qui demande volonté, temps et patience.

Les prothèses peuvent avoir des accidents de parcours : 

  • elles peuvent se luxer, ce qui nécessite de les remettre en place ;
  • elles peuvent s’infecter, il faut alors les changer ;
  • elles peuvent s’user avec le temps, il faut donc parfois changer le composant qui s’est usé ;
  • elles peuvent se casser ce qui est très rare, et casser l’os dans lequel est implanté la prothèse ce qui donne du travail au chirurgien pour réparer la fracture et parfois, changer la prothèse.

Convalescence et rééducation

Après la mise en place d’une prothèse il faudra réapprendre à vivre avec une articulation neuve. En général, la personne souffre depuis quelques années et elle a sous-utilisé son articulation voire son corps en entier, pour éviter les douleurs. Avec l’intervention, le chirurgien a modifié tout cela en une heure. Au réveil, la personne est dotée d’une nouvelle hanche ou d’un nouveau genou. Il faut donc apprendre au cerveau cette nouvelle configuration. Le patient doit réapprendre et oser faire les gestes qu’il avait banni de son quotidien à cause de la douleur pendant des années.

Il convient de respecter quelques précautions le temps que les muscles reprennent de la force comme par exemple ne pas croiser les jambes après une prothèse de hanche. En revanche, il ne faut pas stopper l’activité physique. 

La prothèse a une implantation solide d’emblée donc la personne peut tout de suite reprendre l’activité. Évidemment il ne s’agit pas de s’inscrire à un marathon 10 jours après une prothèse totale de hanche, mais la personne pourra (et devra !) monter et descendre un escalier dès le lendemain matin.

La personne opérée devra automatiquement passer par la case “rééducation” afin de récupérer les sensations normales de l’articulation. Il sera important de travailler en passif avec quelqu’un qui aide à lever le bras pour une prothèse d’épaule par exemple et récupérer ce qu’on appelle la proprioception, c’est-à-dire les sensations de position de l’articulation et les muscles qui doivent la faire bouger. 

La rééducation par un kinésithérapeute suffit si elle est accompagnée par de l’auto-rééducation pratiquée tous les jours par le patient lui-même. Souvent le kinésithérapeute et/ou le chirurgien donne aux patients des recommandations d’exercices à faire au quotidien qu’il sera indispensable de faire pour accélérer la rééducation.

Quotidien avec une prothèse

La vie avec une prothèse peut se passer « comme si on n’avait pas de prothèse ». On appelle ça une articulation oubliée. Les personnes reprennent leur vie quotidienne et sportive et oublient qu’elles ont une prothèse. C’est le meilleur résultat attendu de cette chirurgie et c’est toujours ce que le chirurgien souhaite.  

Le délai dans lequel on obtient ce résultat est variable en fonction des prothèses, les hanches vont plus vite que les genoux et cela dépend aussi grandement des patients. En général au bout de 3 à 6 mois on arrive au résultat optimal.

Parfois la personne peut garder quelques douleurs et une partie de l’enraidissement quand celui-ci était trop important au moment de l’intervention.

Le suivi des patients par le chirurgien est indispensable, il permet de vérifier que l’évolution suit son cours normalement mais aussi de détecter les anomalies ou les complications. 

Concernant l’alimentation à suivre, la question est souvent posée. Il faut surtout veiller à ne pas prendre de poids si la personne a un poids normal et à perdre du poids si elle a une obésité débutante ou avérée. La durée de vie de la prothèse est plus longue s’il n’y a pas de surcharge pondérale.

Activités physiques possibles avec une prothèse

Si la personne a une articulation oubliée comme évoqué précédemment, il est possible de faire toutes les activités souhaitées. Bien sûr, chaque activité sportive comporte des risques indépendants de la prothèse : on peut toujours se faire une fracture en faisant du ski, que l’on ait une prothèse ou pas… 

Homme faisant des étirements dans son salon après une séance de sport

L’entretien physique régulier est une recommandation évidente pour garder la mobilité du corps entier. On ne doit pas se focaliser sur l’articulation opérée. Afin d’entretenir sa musculature mais aussi travailler sa proprioception, 30 minutes d’exercices quotidiens sont indispensables pour garder une bonne forme et une bonne santé. Ces 30 minutes ne sont pas encore ancrées dans nos traditions occidentales mais font partie du quotidien chez nos amis orientaux. Prothèse ou pas prothèse, ils ont raison de prioriser cette dose d’activité quotidienne pour prévenir d’autres risques de blessures ou problèmes de santé.


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